dimanche 20 janvier 2019

Décès de Ted McKenna !!!



Ted McKenna, batteur du Rory Gallagher Band MK III de 1978 à 1981 est décédé hier lors d'une opération de routine.
Ancien membre du groupe The Sensational Alex Harvey Band, il rejoint Rory Gallagher en 1978. Il enregistrera deux albums studios avec le guitariste irlandais: Photo-Finish (1978) et Top Priority (1979) et un album live: Stage Struck (1980).
Il quitte Rory Gallagher en 1981 et part rejoindre Michael Schenker.
Ces dernières années son attention était accaparée par Band of Friends. Un groupe en hommage à Rory Gallagher dans lequel il évoluait aux côté de Gerry McAvoy et Marcel Scherpenzeel.
Ted McKenna avait 68 ans.


mardi 10 janvier 2017

Taste - What's Going On - Live at the Isle of Wight - CD/DVD/Blu Ray (2015)


Tracklist du CD: 

1. What's going on 
2. Sugar mama 
3. Morning sun 
4. Gambling blues 
5. Sinner boy 
6. I'll remember 
7. I feel so good 
8. Catfish blues 
9. Same old story 
10. Blister on the moon

Tracklist du DVD/Blu Ray:

1. What's going on
2. Sugar Mama
3. Morning Sun
4. Gambling Blues
5. Sinnerboy
6. Same Old Story
7. Catfish Blues

Beaucoup de choses ont été dites au sujet de la prestation de Taste lors du Festival de l'île de Wight d'août 1970. Pour beaucoup le set du trio fût le point culminant du Festival. Éclipsant même les grosses affiches qu'étaient The Who, Jimi Hendrix, Ten Years After ou encore les Doors. Il faut dire que la formation irlandaise a fait énormément de chemin en seulement trois années et qu'un monde sépare les petits clubs enfumés de Belfast du gigantisme des scènes des festivals. Ce 28 août 1970 est une consécration pour le trio qui joue devant la plus grosse audience qu'il ait connu jusque là (on parle d'au moins 600 000 personnes), gratifiant son public de plusieurs rappels. C'est pourtant un groupe au bord de la rupture qui se présente ce jour là. Depuis des semaines les conditions au sein du groupe se sont détériorées. Et les causes sont multiples. Des désaccords sur l'orientation musicale, le leadership de Rory Gallagher remis constamment en question par Richard McCracken (basse) et John Wilson (batterie). La lassitude des tournées et l'impression générale que les musiciens dans leur ensemble ne sont pas récompensés par leurs efforts. Que ce soit au niveau de la rémunération que du changement du matériel, qui n'a pas changé depuis les débuts où Gallagher officiait au sein des showbands au milieu des 60's. Par ailleurs quelques heures avant de monter sur scène une partie du matos du groupe a été volé dans le van de tournée. Déclenchant alors une dispute entre les trois musiciens. Le moral n'était donc pas au beau fixe.



Pour autant une fois sur scène, les tensions s'estompent. Et le trio fait preuve d'un énorme professionnalisme. Sûrement ont t-il pris la mesure de l'événement ? Taste faisant parti de ces formations où plus les musiciens jouent, plus ils donnent le meilleur d'eux mêmes. Si on fait abstraction de l'aspect historique de l'événement, ce concert ne surpasse pas pour autant en qualité d'interprétation celui qui sera donné seulement trois jours après lors du Festival de Montreux - donnant naissance un an plus tard au fameux Live Taste.
A noter que ce concert de l'île de Wight fera l'objet d'un album live, paru en 1972 sans l'accord des trois protagonistes. La tracklist étant minimaliste par rapport à cette sortie de 2015.

Live paru en 1972 chez Polydor.



De même rares sont les vidéos de la performance de Taste qui ont fuité avant cette parution officielle. Retenons seulement le film Message to Love: The Isle of Wight Festival de Murray Lerner paru en 1996 présentant les titres Sinnerboy et Gamblin Blues.

Film de Murray Lerner paru en 1996



Niveau contenu cette sortie de 2015 se démarque, outre par la tracklist, d'un petit documentaire d'introduction (sous-titré) revenant sur la genèse de Taste, les débuts de Rory Gallagher dans les showbands etc... A cela on peut ajouter l'intervention de différents protagonistes: Donal Gallagher (frère et manager de Rory), The Edge... pour les plus récurrents et les interventions inédites des guitaristes Brian May (Queen) et Larry Coryell.
En guise de bonus le DVD/Blu Ray propose l'intégralité du passage de Taste dans l'émission Beat Club, ainsi que des petits clips promos des titres I'll Remember, What's Goin On et Born On The Wrong Side of Time.

vendredi 29 août 2014

Irish Tour '74 Deluxe Edition (2014)




Pour commémorer les 40 ans du fameux album live de Rory Gallagher, ses héritiers ont vu les choses en grand. Le 20 octobre 2014 sort une édition deluxe composée de 7 cd et un DVD (le fameux documentaire de Tony Palmer), 43 titres jusque là inédits. Cette édition deluxe regroupe 3 concerts donné à Cork, Dublin et Belfast ainsi qu'une session studio. L'album originel tirait principalement son matériel du concert enregistré à Cork le 5 janvier 1974, et de la session studio enregistrée le 3 janvier 1974 pour les titres studio qui clôturait l'album.
Un coffret qui s'annonce particulièrement alléchant, voyez plutôt:

Disque 1&2:

Cork (5 janvier 1974)

1. Messin with the Kid*
2. Cradle Rock
3. I Wonder Who
4. Tattoo'd Lady
5. Walk On Hot Coals
6. Laundromat*
7. A Million Miles Away
8. Hands Off*
9. Too Much Alcohol
10. As The Crow Flies
11. Pistol Slapper Blues*
12. Unmilitary Two Step*
13. Bankers Blues*
14. Going to my Hometown*
15. Who's That Coming
16. In Your Town*


Disque 3&4:

Dublin (2 janvier 1974)

1.Cradle Rock*
2. Tattoo'd Lady*
3. Hands Off*
4. Walk On Hot Coals*
5. Laundromat*
6. Too Much Alcohol*
7. A Million Miles Away*
8. As The Crow Flies*
9. Pistol Slapper Blues*
10. Bankers Blues*
11. Unmilitary Two Step*
12. Going To My Hometown*
13. In Your Town*
14. Bullfrog Blues*

Disque 5&6:

Belfast (29 décembre 1973)

1. Messin' with the Kid*
2. Cradle Rock*
3. I Wonder Who*
4. Tattoo'd Lady*
5. Walk On Hot Coals*
6. Hands Off*
7. A Million Miles Away*
8. Laundromat*
9. As The Crow Flies*
10. Pistol Slapper Blues*
11. Unmilitary Two Step*
12. Bankers Blues*
13. Going To My Hometown*
14. Who's That Coming*
15. In Your Town*
16. Bullfrog Blues*

Disque 7:

City Hall Session (3 janvier 1974)

1. Maritime (The Edgar Lustgarden Cut)
2. I Want You / Raunchy Medley*
3. Treat Her Right
4. I Wonder Who*
5. Too Much Alcohol*
6. Just A Little Bit
7. I Can't Be Satisfied*
8. Acoustic Medley*
9. Back On My Stompin' Ground (After Hours)
10. Stompin' Ground (Alt version)

DVD: Documentaire Irish Tour'74 de Tony Palmer.

*Titres inédits


samedi 2 août 2014

Décès de Rod De'Ath !!!


Rod De'Ath, le batteur du Rory Gallagher MKII (1972-1978) est décédé dans la nuit du 31 juillet au 1er août 2014.
Il était entré à l'hôpital en juin pour se faire retirer une tumeur cancéreuse dans la mâchoire. Suite à l'opération une infection à la poitrine s'était déclarée mais avait fini par disparaître. Depuis quelques semaines il poursuivait sa convalescence et son traitement contre le cancer chez lui.

Rapide retour sur la carrière de Rod De'Ath.

Rod a intégré le Rory Gallagher band en 1972 pour remplacer provisoirement le batteur Wilgar Campbell. Puis il finira par intégrer officiellement le groupe suite à l'abandon de ce dernier. Il apportera dans ses bagages le pianiste Lou Martin avec qui il officiait au sein du groupe Killing Floor. Il enregistrera avec Rory Gallagher 4 albums studios et un album live (le fameux Irish Tour'74) et participera aux sessions de 1978 de l'album avorté de San Francisco. Suite à des divergences sur l'orientation musicale voulu par Gallagher, il partira former avec Lou Martin le groupe Ramrod, qui ne rencontrera pas un grand succès.

A la fin des années 80, Rod a subit un grave accident qui lui fit perdre la vue d'un oeil, lui causa la perte d'une partie de son ouïe et de sa mémoire et l'handicapa au point qu'il ne pourra plus jamais jouer de batterie. La rumeur le considérait pour mort mais il reparut lors des funérailles de Rory Gallagher en juin 1995.


Il décida finalement de refaire à nouveau parler de lui en 2012, avec une interview pour le magazine Classic Rock où il revenait une fois pour toute lever le voile sur les circonstances de son accident.

Rod De'Ath avait 64 ans.

jeudi 19 septembre 2013

Kickback City (2013)


A paraitre le 28 octobre 2013, la compile Kickback City. Un hommage à Rory Gallagher via sa passion pour le polar et le roman noir. Une chose pas forcément connue du grand public, mais qui transparait clairement dans sa musique.

Dans sa forme cette compilation rappelle étrangement celle de Notes from San Francisco de 2011. Il s'agit d'une nouvelle écrite par Ian Rankin intitulée "The Lie Factory" et illustrée par Timothy Truman (dont 5 cartes postales).
La nouvelle est accompagné de 3 cd. Le premier regroupant des titres de Rory provenant de ses différents albums studios et ayant pour thème les histoires de roman noir.
Le second cd étant des extraits lives du concert de Rory Gallagher au Cork Opera House de 1987 (disponible depuis longtemps dans son intégralité en DVD).
Le dernier CD étant la narration de la nouvelle par l'acteur Aidan Quinn.

Certainement un très bel objet pour les collectionneurs mais dont la portée s'avère d'ores et déjà limitée, compte tenu de son contenu (aucun inédit) et qui rebutera les non anglophones puisque aucune traduction de la nouvelle n'a été envisagé.

Plus d'info sur le contenu:

Disc 1: Kickback City studio

01. Kickback City
02. Continental Op
03. Kid Gloves
04. Big Guns
05. Loanshark Blues
06. Secret Agent
07. B Girl
08. Slumming Angel
09. Barley & Grape Rag
10. Doing Time
11. In Your Town
12. Sinner Boy
13. The Devil Made Me Do It
14. Seven Days

Disc 2: Kickback City Live -

01. Continental Op
02. Tattoo’d Lady
03. I Ain’t No Saint
04.Off The Handle
05.The Loop
06.Messin’ With The Kid
07.Loanshark Blues

Disc 3
The Lie Factory narrated by Aidan Quinn

A noter que la compile sort simultanément en format vinyle:




mercredi 10 juillet 2013

Hommage !!!

Brian May (guitariste de Queen) avait déclaré au moment du décès de Rory Gallagher: "I owe my sound to Rory Gallagher/Je dois mon son à Rory Gallagher".

Dernier hommage en date, le 30 juin 2013 Brian May était en concert à The Olympia Theatre de Dublin (Irlande). Au début de la vidéo on entend May dire: "If it weren't for Rory Gallagher I wouldn't be there/Si ce n'était pas à cause de Rory Gallagher , je ne serais pas ici !" Puis il entame le riff de Morning Sun. Une composition de Rory sur l'album On The Boards du power trio Taste. Puis il montre la similitude avec le riff de Tie Your Mother Down paru sur l'album A Day At The Races de Queen en 1976.


Pour rappel:

vendredi 30 novembre 2012

Band of Friends - New Morning (Paris) - 29 novembre 2012


Depuis le décès de Rory Gallagher il y a 17 ans, la prolifération de tribute band et groupes en hommage au guitariste n'ont cessé de proliférer. En quelque sorte ce sont eux les gardiens de l'héritage gallagherien. Eux qui perpétuent son histoire et sa légende.
Band of Friends ne date pas d'aujourd'hui, initialement le groupe s'était formé en 2002 pour une tournée française (qui s'est par la suite étendue à d'autres pays européen) et c'est Gwyn Ashton qui officiait au poste de guitariste.
Fin 2011, Gerry McAvoy a annoncé qu'il quittait Nine Below Zero après 20 années de collaboration. The Band of Friends nouvelle mouture pris alors forme. Avec Ted McKenna à la batterie et le guitariste néelandais Marcel Scherpenzeel (véritable encyclopédie vivante du jeu de l'irlandais) et bien sûr Gerry McAvoy à la basse.
Ce 29 novembre 2012 la formation faisait étape dans la capitale au New Morning. Ce fut l'occasion de voir ce que cette bande de potes avait dans le ventre.


Comme ils s'en défendent sur leur site et comme le souligne l'accroche sur l'affiche du concert. Band of Friends est la célébration de la musique de Rory Gallagher et non un tribute band monté par des fans. Ça peut paraître bête comme ça mais le fait de le justifier permet sans doute de ne pas amalgamer la formation avec les nombreux tributes band en activité. Un argument qui explique sûrement pourquoi cette tournée rencontre un franc succès. Le public étant au rendez-vous à chacune des dates, y compris lors de ce concert du New Morning. 

N'ayant pas la setlist en tête je peux seulement dire que le groupe a entamé le concert avec The Last of The Independent puis en vrac The Continental Op, Do You Read Me, Off The Handle, Bought & Sold, Calling Card, Moonchild, Bad Penny, Philby, Follow Me, Tattoo'd Lady, A Million Miles Away, Shadow Play et Bullfrog Blues en guise de rappel.  
D'emblée ce qui frappe c'est la dimension de leader prise par Gerry McAvoy. Véritable chauffeur de foule et bout en train ne manquant jamais de faire appel à sa mémoire pour raconter des anecdotes succulentes pour détendre l’atmosphère. Ce concert prend effectivement des airs de célébration.

Musicalement il est clair que d'avoir une des sections rythmiques ayant accompagné Rory Gallagher de 1978 à 1981, aide à s'immerger encore plus dans ce concert. Tout du long l'ombre du défunt guitariste nous accompagne, que ce soit par la setlist et le son de guitare de Marcel Scherpenzeel qui a le bon goût de ne pas en faire des tonnes dans le mimétisme.

Vous l'aurez compris, Band of Friends est un groupe qui tient sa promesse de nous rappelez au bon souvenir de Rory Gallagher. Si ils passent près de chez vous, foncez !!!

vendredi 17 août 2012

Sad News !!!

1949-2012
Le claviériste Lou Martin est décédé ce jour, vendredi 17 août 2012. Malade depuis quelque temps et paralysé d'un côté, le pianiste a perdu son combat contre la maladie. Selon ses proches il serait parti paisiblement.

C'est en juillet 1972 que Lou intègre le Rory Gallagher Band. Introduit par le batteur Rod De'Ath avec qui il jouait au sein du groupe Killing Floor (groupe ayant notamment accompagné le bluesman Freddie King). L'apport des claviers de Lou Martin à la musique de Rory Gallagher va permettre d'étoffer le son et de varier les styles. Il participera à l'enregistrement de 4 albums du guitariste irlandais: Blueprint (1973), Tattoo (1973), Against The Grain (1975), Calling Card (1976) et un album live avec le non moins célèbre Irish Tour'74 (1974).
Il quittera Rory Gallagher en 1978 suite à la volonté de ce dernier de revenir au format trio (sans clavier). On retrouvera par la suite Lou Martin aux côtés de Chuck Berry en 1979 le temps d'une tournée. Puis il ira former le groupe Ramrod avec Rod De'Ath sans rencontrer le succès escompté.
Il reviendra furtivement aux côtés de Rory Gallagher mais ne réintégrera toutefois pas son groupe en jouant sur un titre de l'album Defender (1987) et sur Fresh Evidence (1990).

Après le décès de Rory Gallagher en 1995, il participera aux côtés des autres musiciens à un vibrant hommage au défunt guitariste lors de l'édition de 1996 du festival Rockpalast.

Lou venait d'avoir 63 ans le 12 août dernier...

lundi 4 juin 2012

Live Taste (1971)


1. Sugar Mama - 8:10
2. Gamblin' Blues - 6:18
3. I Feel So Good (Part 1) - 3:39
4. I Feel So Good (Part II) - 4.00
5. Catfish - 9:30
6. Same Old Story - 5:42

Lorsque le power trio Taste se sépare après son dernier concert (cf. 31 décembre 1970 à Belfast) il laisse derrière lui deux albums studios Taste et On The Boards mais aucun opus Live alors que la formation était surtout réputée pour ses prouesses scéniques.
Profitant de la déception de cette séparation et avant la naissance de l'engouement pour la carrière solo de son ancien leader - Polydor bat le fer pendant qu'il est encore chaud en sortant Live Taste, se passant au passage de l'autorisation des membres du trio (à savoir Rory Gallagher, John wilson et Richard McCracken).

Enregistré le 31 août 1970 au Casino de Montreux (Suisse) lors de son fameux Festival Jazz, Live Taste n'en reprend toutefois pas l'intégralité. On notera au passage que sur les titres retenus aucun n'est issus du dernier opus en date de la formation (cf. On The Boards). Seule Same Old Story est une compo originale, alors que les quatre autres titres sont de vieux standards blues. Sugar Mama étant un titre de Tampa Red (même si c'est la version de Howlin' Wolf qui a servi de base pour la reprise du trio ), Gamblin' Blues un titre du bluesman texan Lil'Son Jackson, I Feel So Good (volontairement coupé en deux parties pour tenir sur le vinyle) est un titre de Big Bill Broonsy et Catfish n'est autre que le standard Catfish Blues de Robert Petway qui a été très largement popularisé par Muddy Waters.


Même si le concert est incomplet l'album Live montre largement ce que pouvait être un concert de Taste MKII. La prestation est très bonne... on est loin de se douter qu'il y avait des tensions au sein de la formation à cette époque. A contrario de Cream dont l'ego de ses membres était décuplé par les drogues - rendant la qualité des prestations aléatoire - les membres du trio irlandais savaient suffisamment faire preuve de professionnalisme pour offrir de bonnes prestations tout en cachant les tensions internes.

L'unique défaut de Live Taste est son aspect bricolé (impression renforcée par la pochette) et sa tracklist minimaliste qui à la rigueur aurait pu être comblée par l'ajout de titres provenant d'autres concerts de la formation. D'autant plus dommage car Live Taste demeure quarante ans après sa sortie, l'unique album live de qualité du trio dans la catalogue officiel.

jeudi 8 mars 2012

Gerry McAvoy & Pete Chrisp: Riding Shotgun (2005)


Je n'avais pas encore abordé les ouvrages écrits sur Rory Gallagher. C'est désormais chose faite avec Riding Shotgun, l'autobiographie de Gerry McAvoy co écrite avec le journaliste Pete Chrisp. A l'heure où j'écrit ces lignes, une traduction française de l'ouvrage serait envisagé chez les éditions Camion Blanc.
Bien que traitant du célèbre guitariste, il est bon de préciser qu'il s'agit avant tout de l'autobiographie de son bassiste - Gerry McAvoy. Comme l'indique le sous titre, le livre retrace les 35 ans de carrière du bassiste aux côtés de Rory ainsi qu'au sein du groupe Nine Below Zero.

Contrairement à d'autres ouvrages traitant du guitariste, McAvoy traite ouvertement des rapports qui le liaient à Gallagher. N'hésitant pas à briser certains tabous - le rapport de Rory avec les femmes et son addiction à l'alcool et aux médicaments notamment. Des sujets généralement passés sous silence. Un livre d'une grande transparence, ce qui expliquerait qu'il soit très controversé au près de certaines personnes, dont Donal Gallagher (Manager et frère de Rory) qui en 2006 dira qu'il s'agit d'un "Disgraceful Book" (traduction: un livre honteux) et d'une insulte envers la mémoire de son frère. Une accusation grave qui se base sur deux déclarations faites par Gerry dans son livre. Des déclarations qui sont par ailleurs plus de l'ordre de la supputation qu'autre chose. Lorsque l'on prend le parti de tout dire, il est certain que cela peut déplaire à certains. Mais à aucun moment le livre de Gerry McAvoy n’entache l'image du guitariste. Il soulève certaines zones d'ombres (les histoires de salaires notamment) mais prend majoritairement le parti de souligner les qualités de Gallagher en tant que musicien, leader et ami.

Evidemment dans une autobiographie, l'auteur se donne toujours le beau rôle. Mais McAvoy n'en garde pas moins un côté autocritique, faisant preuve de remords notamment lorsqu'il aborde la descente aux enfers de Rory. Difficile par exemple de ne pas avoir les yeux embués lorsqu'il raconte la réunion mettant un terme définitif à vingt années de collaboration et les remords qui ont suivis cette décision.

A vrai dire le seul défaut de ce livre sont les quelques erreurs factuelles que l'on trouve dans certains chapitres. A titre d'exemple, Gerry racontant que l'album avorté de 1978 aurait du s'appeler Torch, alors qu'il s'agit en fait du nom de celui avorté en 1986. Mais au delà de ça, le livre fourmille d'anecdotes croustillantes qui font passer du rire aux larmes et rendent sa lecture agréable.

Riding Shotgun n'est pas la biographie définitive de Rory Gallagher. Mais il s'agit certainement du témoignage le plus sincère par un des membres de premier plan. Et n'en déplaise à Donal Gallagher, ce livre fait parti des ouvrages indispensables.




mardi 21 février 2012

Best Of et compiles en tout genre...

On ne le dira jamais assez, pour découvrir un artiste rien ne vaut l'écoute d'un album studio représentatif. Dans le cas de Rory Gallagher on conseillera bien souvent de commencer par un Live tant la réputation du bonhomme est forte dans ce domaine. Le format restrictif et formaté du best of fait que l'on passe bien souvent à la trappe des morceaux plus obscurs mais qui ne sont pas dénués d'intérêts.
Généralement on se base sur les singles, les titres ayant été majoritairement diffusés à la radio. Le cas de Gallagher est assez spécial puisque le musicien se refusera toujours de sortir des singles de peur de se voir résumer à un titre en particulier.
Cela n'empêchera pas pourtant que de nombreuses compiles voient le jour, même du vivant du musicien. Cette chronique a pour but de répertorier certaines d'entres elles et de pointer leurs qualités et leurs faiblesses.



Face 1:

1. Used to Be 5:06
2. Sinner Boy 5:30
3. For The Last Time 6:34
4. Hands Up 5:24
5. Just The Smile 3:40

Face 2:

1. Crest Of The Wave 5:22
2. I'm Not Awake Yet 5:38
3. There's A Light 5:59
4. I Fall Apart 5:10
5. Don't Know Where I'm Going 2:45 

Parue en 1975, cette première véritable compile best of baptisée Sinner... and Saint regroupe avec plus ou moins de pertinence certains titres des deux premiers LP de Gallagher à savoir Rory Gallagher (1971) et Deuce. La sortie de cette compile intervient au moment du changement de maison de disque pour Chrysalis. On peut y voir là une manœuvre de Polydor pour parasiter la sortie de Against The Grain et aussi pour surfer sur la vague de succès qu'a engendré la sortie du Live Irish Tour'74.
Malgré une bonne côte de sympathie au près des fans, elle n'a jamais été rééditée en CD, elle demeure donc un véritable objet collector pour celui qui la possède. Ceci dit cela reste encore relativement facile de se la procurer.


1. Don't Start Me To Talkin'
2. The Loop
3. Calling Card
4. Heaven's Gate
5. At The Depot
6. Brute Force & Ignorance
7. Loanshark Blues
8. I Could've Had Religion
9. Ride On Red Ride On
10. I Wonder Who
11. Seven Days

Il faudra par la suite attendre 1992, pour voir la publication d'une autre compile. Fait surprenant cette dernière sortira avec l'accord de Rory Gallagher - sous le nom de Edged in Blue. Elle tend à retracer la facette blues du musicien, comme le fera plus tard après son décès la compile sortie sans la permission des ayants droits A Blues Day For The Blues. Un revirement surprenant de la part de Gallagher, qui peut s'expliquer par la réception mitigée de ses deux ultimes albums studios Fresh Evidence mais surtout Defender, l'album du retour aux racines blues sortie dans l'indifférence générale. 


1. Loanshark Blues
2. Bought and Sold
3. Bad Penny
4. Cruise On Out
5. Crest Of The Wave
6. I'm Not Surprise
7. Unmilitary Two-Steps
8. Alexis
9. Edged In Blue
10. They Don't Make Them Like You Anymore
11. The Devil Made Me To Do It
12. Too Much Alcohol (Live)
13. I Could've Had Religion (Live)
14. Shin Kicker (Live)

Sortie en 1998, cette compilation ne doit pas être confondue avec celle de 92 car comprenant un titre ressemblant: Etched in Blue. A l'inverse de Edged in Blue qui tendait à retracer la facette blues de Rory Gallagher, celle-ci propose une vision d'ensemble de la carrière du musicien par le biais de 14 titres dont 3 live. Sans réelle soucis de cohérence on retrouve des titres connus du musicien ainsi que certains plus obscurs. Une compile qui aujourd'hui est un peu obsolète car ne proposant rien de véritablement inédit en comparaison des trois best of qui sont sortis quelques années après.



CD 1:

1. Big Guns
2. What's Going On
3. Tattoo'd Lady
4. Bad Penny
5. Shadow Play
6. Kickback City
7. Bourbon
8. Sinnerboy
9. Used to Be
10. Goin' to my Hometown
11. Bullfrog Blues
12. Messin' with the Kid

CD 2:

1. The Loop
2. Born on the Wrong Side of Time
3. A Million Miles Away
4. Calling Card
5. Out on the Western Plain
6. Lonesome Highway
7. Just The Smile
8. I'm Not Awake Yet
9. Daughter Of The Everglades
10. I'll Admit You're Gone
11. The King of Zydeco
12. They Don't Make Them Like You Anymore

Paru en 2005, Big Guns: The Very Best Of of Rory Gallagher a d’emblée été présenté comme étant le Best of définitif du musicien irlandais. Il est vrai qu'il englobe une grande partie de la carrière de Rory. Y compris l'époque Taste représentée par des titres comme What's Going On ou Born On The Wrong Side Of Time. La part belle a aussi été fait aux inédits comme cette version de Sinnerboy de l'époque Taste ainsi que les versions lives jamais publiées de Bullfrog Blues et Messin' with the kid. Au delà de la diversité que le Best of nous offre, on peut regretter toutefois les choix fait quant au remixage de certains titres. A titre d'exemple Bad Penny se voit ici dénué du lyrisme qui faisait son charme sur l'album Top Priority, par la mise en retrait des parties lead au profit des parties de Coral Sitar.
Un best of intéressant donc, mais loin d'être la compilation ultime qui était promise.

Pour accompagner la sortie du Best of Big Guns, un mini documentaire de 6 min a été crée avec des témoignages de personnalités que l'on retrouve par ailleurs dans le documentaire Ghost Blues paru en 2010. 

On retrouve ce mini documentaire dans les bonus du DVD Live at Cork Opera House (1987) paru en 2006.

 



CD 1:

1. Follow Me
2. Moonchild
3. Bought & Sold
4. Laundromat
5. Bad Penny
6. Edged in Blue
7. Brute Force and Ignorance (Live)
8. I Fall Apart
9. Loanshark Blues
10. Who's That Coming
11. As The Crow Flies (Live)
12. Barley & Grape Rag
13. Lonesome Highway Refraining
14. Out on the Western Plain

CD 2:

1. In Your Town
2. Philby
3. Slumming Angel
4. Continental Op
5. Cradle Rock
6. A Million Miles Away
7. Wheels Within Wheels
8. Crest Of A Wave
9. They Don't Make Them Like You Anymore
10. Walk On Hot Coals
11. Shadow Play
12. I Could've Had Religion (Live)
13. Tattoo'd Lady (Live)
14. Bullfrog Blues (Live)

Pour commémorer les 60 ans de Rory Gallagher en 2008, Donal Gallagher a eu l'idée de sortir un second best of qui servirait de complément à un livre de tablatures pour guitare. The Essential Rory Gallagher est donc un énième best of sur le guitariste, le deuxième après le Best Of Big Guns qui offre une vue d'ensemble sur la discographie du musicien. A l'exception de la période de Taste qui n'est pas représentée, la tracklist reprend dans les grandes largeurs la discographie de Rory en y incluant même des titres de ses trois albums lives. Aucune modification n'est à déplorer dans la structure des titres, ce qui est plutôt réjouissant. Le choix des morceaux aussi se veut assez judicieux même si il n'y a aucune cohérence dans l'ordre de la tracklist, ils sont assez variés par rapport aux compilations précédentes pour éviter de faire doublons. 


Si il ne peut se targuer d'être le best of définitif sur le musicien, il peut clairement faire office d'introduction au près des novices ou des amateurs qui veulent avoir une vision embryonnaire de l'oeuvre de l'irlandais.


CD 1:

1. Follow Me
2. Shinkicker
3. Do You Read Me
4. Bought & Sold
5. Loanshark Blues
6. In Your Town
7. Calling Card
8. A Million Miles Away
9. Walk On Hot Coals
10. I Fall Apart
11. Tattoo'd Lady
12. Crest Of A Wave

CD2:

1. Bad Penny
2. Overnight Bag
3. Philby
4. Shadow Play
5. Moonchild
6. They Don't Make Them Like You Anymore
7. Edged In Blue
8. Wheels Within Wheels
9. Out On The Western Plain
10. Out Of My Mind
11. Barley & Grape Rag
12. Lonesome Highway


Même pas 5 années séparent ce best of Crest of A Wave des deux autres existants. En plus de se coltiner la pire pochette d'album de toutes les sorties officielles, ce best of fait doublons avec les deux précédents de part la tracklist qui reprend sensiblement les mêmes titres. Unique fait inédit et qui doit justifier la parution de l'objet est la publication de la version des sessions de l'album avorté de 1977/1978 du titre Overnight Bag  pour la première fois dans la discographie officielle. Titre que l'on retrouve dans la récente sortie Notes From San Francisco parue en 2011.
Crest Of A Wave est donc un objet tout à fait dispensable surtout quand on possède l'un des deux Best of précédent.

lundi 9 janvier 2012

Participation Discographique n°2: The London Muddy Waters Sessions (1972)


1. Blind Man Blues
2. Key to the Highway
3. Young Fashioned Ways
4. I'm Gonna Move To The Outskirts Of Town
5. Who's Gonna Be Your Sweet Man When I'm Gone
6. Walkin' Blues
7. I'm Rready
8. Sad Sad Day
9. I Don't Know Why

Personnel: Muddy Waters (vocals, slide guitar); Rosetta Hightower (vocals); Sam Lawhorn, Rory Gallagher (guitar); Carey Bell Harrington (harmonica); Seldon Powell (tenor saxophone); Ernie Royal, Joe Newman (trumpet); Garnett Brown (trombone); Steve Winwood, George Fortune (piano, organ); Rick Grech (bass); Mitch Mitchell, Herbie Lovelle (drums).


 En 1971 l'idée de réunir la crème des musiciens anglais autour d'un grand nom du blues avait fait recette avec The London Howlin' Wolf Sessions, réunissant autour du vieux loup des musiciens aussi réputés que Eric Clapton, Steve Winwood ou encore Charlie Watts. Un an plus tard The London Muddy Waters Sessions reprend ce principe en changeant toutefois le personnel. A la guitare lead on ne retrouve plus Clapton mais Rory Gallagher. Un choix qui déconcerta un peu à l'époque mais à y regarder de plus près le choix était plus judicieux qu'il n'y paraît. Que ce soit au travers de reprises (ex: Catfish sur le premier LP de Taste) ou à travers son jeu rugueux au bottleneck, la filiation entre Muddy Waters et le guitariste irlandais est évidente.

Ces sessions d'enregistrements se sont déroulées en parallèle avec des dates que Rory devait assurer chaque soirs. Les sessions étaient alors suspendu jusqu'à son retour, Gallagher étant bien souvent à la limite d'être en retard. Donal Gallagher (frère et manager de Rory) se souvient: "Il avait un concert cette nuit là à Leicester, qui est à 100 miles de Londres. Je me rappelle que nous avons vraiment brûler du pneu pour rentrer à Londres. Rory était bouleversé. Mais quand je suis rentré dans le studio, Muddy se tenait debout avec un verre de champagne pour lui. Un absolu gentleman."


Si la réunion de tant de musiciens d'exceptions promettait quelque chose d'exceptionnelle sur la papier, force est d'avouer que The London Muddy Waters Sessions est bien en dessous de son prédécesseur. En cause le mixage de l'album, les musiciens ne correspondant pas vraiment au style de Muddy. Même Rory qui transcende généralement les standards du géant de Chicago en solo, semble intimidé et muselé par l'importance de l'évènement. A aucun moment Gallagher ne surprend, se contentant de se fondre dans le groupe sans jamais vraiment donner le meilleur de lui même.
A retenir de ces sessions, le titre Who's Gonna Be Your Sweet Man When I'm Gone que Rory reprendra sous le nom I Wonder Who de la plus belle des manières sur le magistral Irish Tour '74.


Deux après la sortie de The London Muddy Waters Sessions, une compilation d'outtakes de The London Howlin' Wolf Session et de The London Muddy Waters Sessions est sortie sous le nom de London Revisited. On retrouve à nouveau Rory Gallagher dans la partie consacrée aux sessions avec Muddy Waters.







jeudi 15 septembre 2011

Notes From San Francisco (2011)


CD1: (Studio)

1. Rue The Day
2. Persuasion
3. B-Girl
4. Mississippi Sheiks
5. Wheels Within Wheels
6. Overnight Bag
7. Cruise On Out
8. Brute Force & Ignorance
9. Fuel To The Fire

Bonus Tracks

10. Wheels Within Wheels (Alternative Version)
11. Cut A Dash
12. Out On The Tiles

CD2: (Live)

1. Follow Me
2. Shinkicker
3. Off The Handle
4. Bought And Sold
5. I'm Leavin'
6. Tattoo'd Lady
7. Do You Read Me
8. Country Mile
9. Calling Card
10. Shadow Play
11. Bullfrog Blues
12. Sea Cruise

Comme je l'évoquais il y a quelque mois dans un article sur les sessions de San Francisco et l'album avorté la possibilité d'avoir entre les mains cet album semblait vaine. Rory l'ayant rejeté en bloc et ayant peu envisagé de le voir sortir un jour, hormis dans une interview de 1992 où il évoquait la possibilité qu'il sorte en ayant été remixé au préalable.
D'emblée on peut se poser la question du bien fondé de la démarche de Donal Gallagher, lui qui habituellement se fait un point d'honneur de respecter la parole de son frère. Il faut cependant se souvenir que contrairement à Rory, il avait été emballé par le travail fait lors des sessions de 1977/1978.

C'est donc le 6 juin 2011 que l'album avorté de 1978 sort sous le nom de Notes From San Francisco. Deux versions sont disponibles: une édition simple comprenant l'album avorté et un live de 1979 à San Francisco et une édition collector présentée sous la forme d'un carnet comprenant les deux CD précédemment cités mais se voyant agrémenté des notes de Rory ainsi que d'un lot de quatre cartes postales. Répliques exactes de celle qu'aurait envoyé Rory à l'époque où il était en studio à San Francisco.




Avant de se lancer dans l'analyse de l'album studio, il est bon de se remémorer que conformément à la dernière déclaration de Rory au sujet de l'album, il a été remixé (suppressions ou ajouts d'overdubs) et a en plus subit un remastering (amélioration de la qualité sonore d'un enregistrement ancien en employant des technologies de post production numérique). Et c'est sur ce dernier point que Notes From San Francisco pèche grandement, en proposant un son lourd dénué de toutes nuances.

Le premier titre qui ouvre l'album Rue The Day est bien connu de tout amateur de Rory depuis sa parution en 1999 sur la réédition de l'album Calling Card. Ici il se voit agrémenté d'une petite intro de piano de Lou Martin et se démarque de la version connue par la mise en retrait de l'harmonica et de la voix de Rory qui habituellement chantonne par dessus le solo.

Persuasion est le titre sur lequel j'émets le plus de réserve. L'autre version de ce titre connue figure en bonus track sur la réédition de 1999 de l'album Deuce de 1971. Les deux versions proposent des similitudes troublantes, (chant et solo identique). La seule différence notable provient du mixage avec l'ajout du clavier de Lou Martin. Après maintes écoutes j'en ai tiré les hypothèses suivantes:
- Persuasion est effectivement un titre enregistré une première fois en 1971 avec Wilgar Campbell à la batterie et Gerry McAvoy à la basse et une seconde version de ce titre a été enregistré en 1977 avec cette fois Rod De'Ath à la batterie et le clavier de Lou Martin. Mais la grande question est de savoir pourquoi le chant et les parties de guitares de Rory sont identiques sur les deux versions.
- Ou alors Persuasion a uniquement été enregistré en 1977 et le bonus track de Deuce serait en réalité un faux inédit. Ce qui il faut admettre serait absolument scandaleux.

B-Girl est comme le titre d'ouverture bien connu des possesseurs de la réédition de Calling Card de 1999. Il s'agit en effet de la première version de ce que sera Public Enemy N°1 sur Top Priority. Pas de grand changement notable avec la version connue.
Mississippi Sheiks se révèle plus surprenant par contre. Le fameux mid tempo de l'album Photo-Finish se démarque par l'introduction du violonniste Joe O'Donnel. Une insertion assez raccord avec le thème de la chanson puisque le Mississippi Sheiks était un orchestre blues des années 30 incluant un violoniste. A noter qu'à la même période de l'enregistrement de l'album Rory a joué sur l'album Gaodhal's Vision de Joe O'Donnel.

Wheels Within Wheels est en réalité le même titre paru sur la compilation posthume du même nom en 2003. La version présente sur NFSF est identique à cette dernière mais se voit habillée d'une partie de slide électrique qui bien que pas indispensable ajoute à l'aspect mélancolique du titre.
Le remixage opéré sur Overnight Bag ne retire pas cette impression chaotique qui s’immisçait déjà dans la version parue sur la compile best of "Crest Of The Wave" de 2009. Pour rappel Rory a dissous le quartette car il se sentait étouffé par les claviers. Une simple écoute de ce titre permet de comprendre ou de partager son sentiment.

Rien de bien notable sur la version de Cruise On Out - le morceau d'inspiration Sun Records de Photo-Finish si ce n'est l'introduction du piano de Lou Martin. L'énergie déployé par le groupe suffit à elle seule à faire décoller le titre.
Brute Force & Ignorance l'hommage au mouvement Punk de Photo-Finish diffère par l'insertion du clavier et de cuivres. Une version que je trouve pour ma part un peu molle, le chant de Rory étant assez moyen. D'ailleurs c'est un reproche que l'on peut faire à l'ensemble de l'album, Rory est très peu investit vocalement sur la plupart des titres.

Jusqu'à présent les différences avec les versions de Photo-Finish étaient plus de l'ordre de l'ajout ou de la suppression d'instruments. Fuel To The Fire est l'unique titre de ces sessions qui a vu une refonte totale de ses arrangements. Avec la version de Photo-Finish seul subsiste les paroles, la version de San Francisco propose un gimmick totalement différent beaucoup plus léger et moins oppressant que sur la version que Rory gravera avec le RGB MK III. Le solo d'inspiration gilmourienne qu'il signe là est sans conteste l'un des plus beaux de sa carrière. La bonne surprise de l'album.

Trois Bonus Tracks figurent à la fin de l'album. Le premier étant une version alternative de Wheels Within Wheels jouée avec l'intégralité du groupe. Le second Cut A Dash est un Rock un peu obscur où Rory joue avec les tonalités graves de sa guitare. Et le dernier Out On The Tiles est un brûlot (Hard) Rock qui aurait parfaitement eu sa place sur les deux premiers albums du second trio.



Le second CD composant Notes From San Francisco propose un concert à San Francisco du Rory Gallagher Band MK III au Old Waldorf datant de décembre 1979. Hormis le lieu du concert rien ne rattache réellement ce concert à l'album avorté. Son contenu étant davantage centré sur les compositions de Top Priority voir même de Calling Card.
Autant le dire tout de suite les réfractaires au second power trio et à la face Hard de Gallagher peuvent passer leur chemin. Ceci dit on est assez loin de Stage Struck en terme d'interprétation même si l'acoustique n'est pas non plus présent, le jeu de Rory se veut plus nuancé et moins pied au planché que sur le live de 1980.

Notes From San Francisco n'est donc pas un sans faute, loin s'en faut ! La piètre qualité du mixage et du remastering fait naître beaucoup de regrets sur un projet, qui si il s’avérait moralement discutable, semblait tenir toutes ses promesses sur le papier. Pour le fan le moins intransigeant cela reste un superbe objet collector qui malgré ses défauts permet de faire définitivement la lumière sur l'épisode le plus entouré de mystère de la carrière de Rory Gallagher.


Et pour étayer mes doutes sur la version de Persuasion, je vous laisse vous même juger en vous proposant les deux versions:

 

Et la version bonus track de la réédition de l'album Deuce:





mardi 31 mai 2011

Participation Discographique n°1: Mike Vernon - Bring It Back Home

Parallèlement à sa carrière solo, Rory Gallagher a prêté main forte à de nombreux artistes tout au long de sa carrière. Officiant comme sideman sur des projets plus ou moins réussi, il est intéressant de voir comment il était capable d'évoluer d'un genre à l'autre, d'apporter sa touche personnel comme de s'effacer au profit de l'artiste qu'il accompagne.

La première participation discographique notable de Gallagher remonte à 1971, sur l'album Bring It Back Home du producteur Mike Vernon (producteur entre autres du Beano de John Mayall et du tout premier David Bowie).


1. Let's Try It Again
2. Move Away
3. Mississippi Joe
4. Brown Alligator
5. Come Back Baby (Rory Gallagher)
6. Dark Road Blues
7. She Didn't Have Time
8. Ain't That Lovin' You Baby
9. My Say Blues
10. War Pains (Paul Kossoff)

Bring It Back Home est à voir comme un petit plaisir coupable de Mike Vernon, qui après avoir produit tant d'artistes n'a pas résisté à l'idée de sortir son propre album. Pour un premier et unique effort Vernon s'en sort avec les honneurs, malgré des faiblesses évidentes l'album se laisse écouter.

La présence de Rory Gallagher et de Paul Kossoff (guitariste de Free) sert quelque peu de faire valoir et apporte une certaine légitimité et crédibilité au disque.
L'apport de Rory se résume au titre Come Back Baby, reprise du bluesman Doctor Ross paru en single sur le label Sun Records en 1953.
Malgré une durée similaire, la version de Vernon sonne plus pop, plus british mais est bien plus agressive que l'originale.
Sur les solos émaillant le titre, on retrouve le Rory bestial dans le prolongement de l'album éponyme paru la même année.

Version de Mike Vernon:



Version originale de Doctor Ross:

vendredi 6 mai 2011

Wheels Within' Wheels (2003)



1. Wheels Within' Wheels - 3:32
2. Flight To Paradise - 4:30
3. As The Crow Flies - 4:12
4.Lonesome Highway - 5:20
5. Bratcha Dubha - 2:59
6. She Moved Thro' The Fair/ An Crann Ull - 2:22
7. Barley And Grape Rag - 4:25
8. The Cuckoo - 3:45
9. Amazing Grace - 1:20
10. Walkin' Blues - 5:34
11. Blue Moon Of Kentucky - 2:54
12. Deep Elem Blues - 4:17
13. Going To My Hometown - 4:58
14. Lonesome Highway Refraining - 2:00

Nul ne sait ce que serait advenu de la carrière de Rory Gallagher si il avait vécu, mais dans ses dernières interviews ce dernier faisait part de son envie de sortir un double album avec une face électrique et une acoustique.
C'est pour combler cette lacune que sort la compile Wheels Within' Wheels en 2003, retraçant sur 14 titres la virtuosité et la face acoustique de Rory. Cette compile réussie le paris de montrer la versatilité de Gallagher dans ce registre montrant au passage que parmi les musiciens Rock de sa génération aucun autre ne maîtrisait mieux que lui les différents styles acoustiques.
Mais comme le sous entend la pochette au design de masque mortuaire (cf. pochette réalisée par David Oxtoby) cette compile est aussi un hommage posthume (tardif c'est vrai !) au guitariste décédé 8 ans plus tôt.



L'album s'ouvre sur le poignant Wheels Within' Wheels qui donne son nom à la compilation. Un titre enregistré en 1977 lors des sessions de San Francisco pour l'album avorté. On y retrouve Rory en état de grâce accompagné par les parties de piano subtiles de Lou Martin.

Grand fan de Flamenco, Rory se définissait comme étant "un guitariste de Flamenco contrarié", pour autant c'est avec brio qu'il se joint au guitariste de Flamenco : Juan Martin. Enregistré en 1984 à la même époque où Gallagher à rejoint Martin et les guitaristes Richard Thompson et David Lindley dans le cadre de la tournée acoustique "Guitarists Nights". Flight To Paradise est un instrumental de haute volée où Rory sert habilement le propos à son acolyte espagnol qui fait étalage de sa maîtrise de son style de prédilection.

Bien que déjà connu car figurant sur le fameux Irish Tour '74, As The Crow Flies (de Tony Joe White) est présenté sous sa forme studio et toujours joué sur la National Triolian de 1935. Une très bonne version mais qui ne supplante pas la version du live de 1974.
Lonesome Highway est le joyaux de cette compilation ! Unique titre de l'album mariant électrique et acoustique avec des parties de slide dont le feeling rappel par moment Ry Cooder. Il est enregistré en 1975 lors des sessions de Against The Grain, ce n'est que justice de le voir figurer sur un album officiel près de 30 ans après.

Enregistré en 1994 avec les guitaristes Folk Chris Newman, Martin Carthy et la harpiste Maire Ni Chathasaigh, Bratcha Dubha est dans une veine Folk celtique. Il s'agit d'un des derniers titres enregistrés par Rory au court de sa carrière.
L'album se pare à nouveau d'une ambiance celte sous les traits de She Moved Thro' The Fair/An Crann Ull deux airs traditionnels joués en medley et sur lesquels Rory est accompagné du célèbre guitariste de Folk anglais Bert Janch.

Autre titre bien connu du répertoire de Rory, car figurant sur l'album Calling Card de 1976 - Barley And Grape Rag est revisité ici avec le groupe de musique irlandaise The Dubliners pour un résultat encore plus festif que l'original.
Enregistré en 1977 sur le studio personnel du guitariste et ami Roland Van Campenhout - The Cockoo compte parmi les plus belles reprises de Rory. Initialement Gallagher jouait seul, mais en 2002 Roland à rajouté un accompagnement discret pour meubler un peu l'espace laissé vide. Le résultat n'en n'est que meilleur.

Rory et Belà Fleck au Festival de Montreux 1994

L'intégration du set acoustique de Montreux 1994 est discutable. Il aurait très bien pu figurer sur un album spécialement dédier à cette édition du festival. Ceci dit les échanges improvisés entre Rory et le joueur de banjo Belà Fleck sur les titres Amazing Grace/ Walkin' Blues/ Blue Moon Of Kentucky justifie sa place sur cette compilation.

Rory retrouve à nouveau le guitariste Roland Van Campenhout, sur le titre Deep Elm Blues interprété lors des fêtes de Gand en Belgique.
Autre grand standard live Going To My Hometown est repris en duo avec l'idole de Rory - Lonnie Donnegan - le maître du skiffle sur lequel tous les guitar hero anglais des 60's ont fait leur premières armes.
La compilation se termine avec la version acoustique de Lonesome Highway, rebaptisé pour l'occasion Lonesome Highway Refraining. Une superbe version bien que frustrante car elle se termine rapidement en fade out.



Au final, Wheels Within' Wheels s'avère être un bel hommage mais inégal. A vouloir être trop hétéroclite la compilation se perd un peu et aurait gagné à être un peu plus cohérente. L'idée d'un double album présentant une face studio et une face live aurait été plus judicieuse et aurait vraiment fait honneur au talent de Rory Gallagher dans ce registre.