dimanche 19 septembre 2010

Deuce (1971)

Rory Gallagher part II


1. I'm Not Awake Yet - 5'24
2. Used to Be - 5'06
3. Don't Know Where I'm Going - 2'42
4. Maybe I Will - 4'15
5. Whole Lot of People - 4'57
6. In Your Town - 5'47
7. Should've Learnt My Lesson - 3'36
8. There's a Light - 5'59
9. Out of My Mind - 3'05
10. Crest of a Wave - 6'00

Bonus Track de la réedition de 1999:

11.Persuasion - 4'42

1971 est une année charnière et particulièrement prolifique pour Rory Gallagher. Après avoir bouclé un album éponyme de haute volée, la formation retourne en studio fin 71 pour donner naissance à son successeur - Deuce.
Souvent considéré comme l'autre face de l'album éponyme, Deuce s'en démarque toutefois par une plus grande cohérence au niveau des différents styles abordés. L'acoustique et la slide sortent largement du lot comme l'atteste le titre d'ouverture.

De gauche à droite: Rory Gallagher/Wilgar Campbell/Gerry McAvoy
I'm not awake yet qui ouvre l'album montre le chemin parcouru par Rory en l'espace de deux ans. Là où chez Taste son talent à l'acoustique en était encore à ses balbutiements. Sur ce titre il propose son œuvre acoustique la plus ambitieuse mais aussi la plus aboutie. Cet enchevêtrement de guitares et la façon dont ces dernières sont orchestrées rendra malheureusement ce titre quasi inexploitable sur scène. Ce qui est d'autant plus d'hommage puisque le morceau comptait parmi les préférés de Rory:
"Je ne changerai pas certains des titres, mais il se trouve que I'm Not Awake Yet est un de mes favoris. C'est un thème inhabituel, parce que c'était la chose la plus proche d'un morceau de guitare celtique avec une 12 cordes. L'idée même était, pas vraiment comme un voyage astral mais bien souvent quand tu peux contrôler ce moment où tu es dans un état de rêve semi conscient. C'était cette idée là."

La violente décharge Rock qu'est Used to be, elle, rentre dans un registre plus habituel. Ouvrant initialement l'édition originale de 1971, c'est un titre déjà bien rôdé par le groupe pendant la tournée ayant suivie la sortie du premier album. Mais il ne survivra pas face à l'apparition des autres standards rock qui suivront. On peut pourtant retenir que les versions les plus mémorables figurent sur le BBC Sessions de 1999 et le tout récent Rory Gallagher: The Beat Club Sessions.

Don't Know Where I'm Going revient à un registre acoustique mais dans une veine Folk/Country/Blues proche des grands songsters américains et bluesmen du piedmont (Reverend Gary Davis, Missippi John Hurt...) et s'inscrit dans l'héritage des chanteurs Folk de la fin des 50's et débuts 60's. On pense notamment à Bob Dylan à l'écoute des petits traits d'harmonica de Rory.

L'influence du Merseybeat initié par les groupes de Liverpool fin 50 et début 60's (notamment par The Beatles à leur début) est notable dans la composition Maybe I Will. Rory ayant fait ses premières armes de guitariste avec des variantes de la musique américaine comme le skiffle et le merseybeat, il est fort probable qu'il ait voulu rendre hommage à l'une de ses premières influences musicales par le biais de ce titre.


Whole Lot Of People et In Your Town montre à l'instar du titre d'ouverture la maturité guitaristique acquise par Rory en l'espace de deux ans. Son jeu au bottleneck à atteint une nouvelle étape, le hissant parmi les plus grands spécialistes du genre. Si sur le premier titre la guitare slide participe à instaurer un certain climat. Sur le second il démontre toute sa maîtrise de cette technique sans pour autant tomber dans la démonstration stérile. Du grand Art !

Should've Learn My Lesson est peut être le titre le plus faible de l'album. Rory livre une compo Blues personnel mais plus proche de l'exercice de style que du déballage de tripes. Quand on sait ce qu'il est capable de faire avec les Blues de ses maitres (Muddy Waters, Otis Rush...) sur ce titre on est un peu déconcerté du résultat. Si le titre avait duré un peu plus en longueur peut être que l'étincelle serait apparue ?

There's a light est d'une autre paire de manche, poursuivant dans un registre Jazzy comme sur les précédents opus. Il a cependant remis son vieux saxophone alto au placard, ne se concentrant que sur son seul jeu de guitare ponctuant le titre de solos de guitare particulièrement inspirés.

Out of My Mind revient dans le registre acoustique dans un style Bluesgrass/Country dans la veine d'un Doc Watson. Outre une passion pour le Rock, la musique Folk et le Blues, Gallagher nourrissait une passion pour la musique Country (mais pas celle avec les violons comme il s'amusait à rappeler dans certaines interviews)
Il est clair à l'écoute de ce titre que Rory à forgé son jeu acoustique et notamment exercé sa dextérité, par le biais des grands noms du Bluegrass et de la Country.

L'album original de 1971 se terminait sur le titre Crest Of A Wave, un rock jouissif contant une partie de cartes assez surréaliste, le tout soutenu par des envolées de slide spectaculaire. Le titre fera lui aussi son petit bonhomme de chemin dans la setlist des concerts du Rory Gallagher Band, avant que ce dernier ne passe de la forme du trio au quatuor.

Bonus Track de la réedition de 1999, Persuasion a été judicieusement écarté de l'album original, tant il contraste de par sa couleur (Hard ?) Rock prononcée. On sent déjà dans ce titre le Rock aux intonations celte qui feront, neuf ans plus tard, les beaux jours d'une compo comme Bad Penny et qui ouvrira la voie au Hard Rock celtisant de Thin Lizzy.


S'il est toujours perçu comme un prolongement de Rory Gallagher (1971), Deuce n'en demeure pas moins un album unique de par sa cohérence qui cristallise sur disque l'essence même de la musique de son auteur.







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